Québec, le 4 décembre 2025 – Cet après-midi, le Bureau d’Animation et d’Information Logement (BAIL) a organisé une action de visibilité afin de dénoncer le nombre élevé d’évictions compilées par l’organisme en 2024-2025. Une bannière portant l’inscription « Non aux évictions dans nos quartiers » a été installée à proximité du bâtiment où se situait l’ancien bar MacFly, là où plusieurs locataires avaient été violemment expulsés d’une maison de chambres plus tôt cette année. Des affiches dénonçant les évictions ont également été posées à proximité du bar ainsi que du boulevard Henri-Bourassa, afin de dénoncer la démolition de plusieurs immeubles en face de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.
Un moratoire insuffisant et inefficace
Malgré l’imposition, en juin 2024, d’un moratoire sur les évictions à des fins de subdivision, d’agrandissement ou de changement d’affectation par le gouvernement provincial, le nombre d’évictions, légales ou non, ne cesse d’augmenter. En 2024-2025, le BAIL a recensé plus de 150 cas d’atteintes au parc locatif (reprises de logement, rénovictions, démolitions, etc.).
L’organisme observe une explosion des demandes de reprise de logement depuis les dernières années. Cette tendance se confirme également dans les données publiées par le Tribunal administratif du logement (TAL), alors que le nombre d’audiences pour des reprises de logement est passé de 1 061 en 2018-2019 à 3 126 en 2024-2025. Une augmentation de près de 200 % en six ans.
« Plusieurs propriétaires utilisent la reprise pour expulser des locataires afin de relouer leur logement à un prix plus élevé. Bien que ce soit illégal, cette pratique demeure malheureusement fréquente, et le recours au tribunal pour démontrer la mauvaise foi du propriétaire demeure trop ardu pour de nombreux locataires», dénonce Félix Marois, organisateur communautaire au BAIL.
Les logements abordables particulièrement ciblés
Alors que le Québec traverse toujours une crise d’abordabilité des logements, les données recueillies par l’organisme démontrent clairement que les propriétaires ciblent les logements moins dispendieux, et ce, tant pour les reprises que pour les rénovictions ou les autres formes d’atteintes au parc locatif.
« Les locataires de logements abordables sont particulièrement à risque d’être évincé·e·s par leur propriétaire. Les personnes qui nous contactent au sujet d’une éviction paient en moyenne moins de 900 $ pour un 4 ½, soit près de 600 $ de moins que le prix moyen d’un 4 ½ disponible à Québec. », déplore Félix Marois.
Des protections additionnelles réclamées
L’organisme réclame des protections supplémentaires pour les locataires de Québec et de la province :
- L’interdiction complète des évictions pour subdivision, agrandissement ou changement d’affectation ;
- un moratoire sur les reprises de logement pour tout secteur où le taux d’inoccupation est inférieur à 3 % ;
- l’instauration d’un contrôle universel des loyers;
- un investissement massif dans le logement social.
« Des solutions pour protéger les locataires des évictions, il y en a. Ce qui manque de la part du gouvernement, c’est la volonté politique de réellement aider les locataires », conclut Félix Marois.
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